Go to Top
 
MALADIES
CHRONIQUES

Is control of cardiovascular disease risk factors better in immigrants not proficient in english or french when there is a professional interpreter? Pilot project

Un projet de l’équipe METISS

Chercheurs

Ellen Rosenberg, Gillian Bartlett, Kaberi Dasgupta, Martin Dawes, Roland Grad, Yvan Leanza, Marie-Thérèse Lussier, Nancy Mayo

Partenaires

CSSS de la Montagne, Centre hospitalier de St. Mary, Hôpital général juif, Université de Montréal, ACCÈSSS

Financement

Fondation canadienne des maladies du cœur

Période

2010-2012 

Projet

Plusieurs immigrants, ayant des capacités communicationnelles limitées en français ou en anglais, sont particulièrement à risque de souffrir de maladies cardiovasculaires et de diabète, notamment les personnes issues du sous-continent indien, les hispanophones d’Amérique centrale et du sud, ainsi que les Chinois. Le contrôle des maladies cardiovasculaires, de la dyslipidémie et du diabète étant souvent difficile auprès des immigrants, l’atteinte des objectifs de traitement exige un partenariat thérapeutique efficace entre le patient et le médecin. La communication entre les deux prend toute son importance, or elle est souvent déficiente lorsque le patient ne maîtrise pas suffisamment le français ou l’anglais (9,2 % des immigrants au Canada).

Au Canada, la plupart des interventions auprès d’immigrants dont la connaissance du français ou de l’anglais est faible se déroulent sans la présence d’un interprète professionnel. Souvent, le patient emmène avec lui un membre de sa famille pour l’aider. De récentes études ont montré une association positive entre l’ajout d’un interprète professionnel et une amélioration des soins pour ces personnes.

L’objectif de cette étude était donc d’évaluer si l’ajout d’un interprète professionnel lors de la rencontre médicale améliorait le contrôle des maladies cardio-vasculaires. Ce projet-pilote devait évaluer la faisabilité d’un essai randomisé contrôlé de plus grande envergure.

Méthodologie

  • L’ajout d’un interprète professionnel lors de la rencontre médicale
  • Essai randomisé durant 12 mois portant sur amélioration du contrôle des facteurs de risque de maladies cardio‐vasculaires (hémoglobine glyquée, TA et LDL) 

Résultats

Cette recherche exploratoire a mis en lumière certains défis liés à l’introduction d’un interprète dans le cadre d’une relation médecin-patient, et par conséquent à la mise en œuvre d’un essai randomisé contrôlé à plus grande échelle qui emploierait cette méthodologie. En effet, on ne peut pas ajouter un interprète professionnel à une intervention clinique comme s’il s’agissait de l’équivalent d’une nouvelle manœuvre diagnostique ou d’un nouveau médicament. La mise en place même de l’étude soulève des enjeux à plusieurs égards.

En effet, dans le contexte d’une relation patient-médecin de longue date, l’offre d’un interprète professionnel représente une menace à la fois pour le médecin, pour le patient et, parfois, pour le  membre de la famille du patient qui assiste aux rendez-vous.

Pour le médecin, la proposition d’ajouter un interprète professionnel à son intervention suggère que la communication, et par conséquent les soins dispensés, pourraient ne pas avoir été optimaux durant les années précédentes. Le médecin aurait donc accepté pendant une certaine période de fournir à ce patient des soins de moindre qualité.

Pour le patient qui visite le médecin de son propre chef, l’introduction d’un interprète professionnel sous-entend que sa capacité à s’exprimer en français ou en anglais présente des faiblesses importantes. Or, s’il ne parle pas couramment l’une de ces langues, cela suggère qu’il n’a pas les compétences nécessaires pour obtenir des soins de qualité.

Offrir la présence d’un interprète professionnel à un patient qui assiste aux visites médicales en présence d’un membre de sa famille pose des défis complexes. En effet, cette proposition perturbe ce qui pourrait une relation fonctionnelle entre le patient, le membre de sa famille et le médecin, relation dont les caractéristiques sont inconscientes pour les participants. Pour le membre de la famille du patient, l’interprète professionnel représente une menace à son autorité familiale dans le cadre de la relation médecin-patient et à son statut de personne parlant couramment la langue du médecin.

Bref, une inclusion réussie d’un interprète professionnel exigera une meilleure compréhension de la perception de chacun des acteurs en présence, ainsi qu’un partage des perceptions entre le médecin, le patient et les membres de la famille.

Publications

Rosenberg, E., G. Bartlett-Esquilant, K. Dasgupta et al. (mai 2012) L’impact du recours à un interprète professionnel sur des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Projet-pilote. Document de présentation. Conférence-midi du CSSS de la Montagne

Tremblay L. (2010). Diabète et maladies cardiovasculaires: en savoir plus pour mieux intervenir. Entrevue avec Dr Ellen Rosenberg.  Entre-vues,  1(2), septembre 2010.

Close
loading...