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ART ET CONTES
  • PRÉSENTATION

  • CLIENTÈLE

  • MATÉRIEL

  • DÉROULEMENT

  • VARIATIONS

  • ÉVALUATION

  • OUTILS

Art et contes est un programme d’expression créatrice destiné aux enfants âgés de 8 à 12 ans. Conçu pour être animé en milieu scolaire, le programme Art et contes combine différents modes d’expression, des activités de création personnelle et des moments de partage avec les autres enfants de la classe. 

Le dessin et le récit sont privilégiés dans les ateliers Art et contes puisqu’ils offrent aux enfants le moyen de comprendre, de transformer et de communiquer leurs expériences ainsi que les pensées et les émotions qui y sont associées. La création d’un espace ludique au cours des ateliers permet aux enfants d’exprimer ce qui est trop difficile à dire ou tabou (interdit). 

Au départ, les ateliers Art et contes étaient destinés aux classes d’immersion linguistique, offertes aux nouveaux arrivants qui en sont à leur premier contact avec le système québécois d’éducation publique. Ils sont maintenant aussi offerts dans des classes régulières d’écoles qui accueillent une bonne proportion de jeunes issus de l’immigration.

Clientèle

Le programme Art et contes est conçu pour les enfants de l’école primaire, plus spécialement les enfants de la 3e à la 6e année (8 à 12 ans).

À cet âge, les enfants réalisent des dessins de plus en plus complexes car ils contrôlent mieux les outils, les matériaux et les techniques de dessin. C’est aussi durant cette période qu’ils développent la complexité de leurs capacités narratives. Vers l’âge de 10 ou 12 ans, les enfants démontrent habituellement un plus grand contrôle de l’élaboration expressive qui n’est plus seulement un souci de transmettre uniquement de l’information.

Les enfants immigrants et réfugiés peuvent vivre des écarts entre les différents univers dans lesquels ils sont (la maison, l’école, la société d’origine et d’accueil, etc.). Le dessin et le conte leur fournissent des outils pour représenter ces écarts de façon symbolique et créer des ponts entre eux.

La progression vers la maîtrise du dessin et du conte peut permettre aux enfants de s’exprimer de façon à communiquer à la fois informations et émotions. Cela peut améliorer le sentiment d’empathie entre les enfants et mener à un sentiment croissant de solidarité dans la classe.

Matériel

Le matériel utilisés lors des ateliers Art et contes est habituellement disponible dans une salle de classe. 

Contes

Les contes peuvent être racontés sur une ou plusieurs séances selon leur longueur. En général, de 4 à 6 contes sont requis pour le programme de 12 ateliers. Lorsqu’on travaille auprès d’enfants issus de divers horizons culturels, il importe de choisir des mythes, contes et légendes issus de cultures non dominantes. Ces histoires sont utilisées pour représenter la tension et la richesse d’une position minoritaire, bien que les traditions auxquelles elles font référence ne soient pas nécessairement celles des enfants participant aux ateliers. 

Les histoires sont sélectionnées afin d’évoquer des thèmes rappelant l’exclusion, la migration, l’entraide, l’acceptation des différences, la justice sociale et le partage des biens, les rites de passage (d’un âge à un autre), l’acceptation des limites et des contraintes, la simplicité volontaire. Les contes choisis sont adaptés afin de permettre la coconstruction des histoires par les jeunes. 

Propositions de contes

Dessin

Les jeunes sont invités à dessiner une partie du conte qui a retenu leur attention ou toute autre situation importante pour eux.

  • Une seule feuille de papier blanche (11×17) par enfant, pouvant être utilisée sur ses deux côtés.
  • Une boîte de pastels à l’huile par groupe de 2 à 4 enfants. Si possible, offrir des couleurs qui permettent de reproduire les différents teints de la peau.
  • D’autres médiums peuvent également être utilisés (crayons feutres, peinture, etc.). Par contre, chaque médium a ses particularités; par exemple, les couleurs des pastels à l’huile sont vives et attrayantes, mais elles ne permettent pas de représenter facilement les détails.

Déroulement

Ce programme d’expression créatrice consiste en une série de 12 ateliers hebdomadaires d’une durée de 60 minutes (une période). Ils sont animés par deux intervenants en art-thérapie et/ou en psychologie, de concert avec l’enseignant.

  • Rituel d’ouverture
  • Période d’histoires
  • Période de dessin libre
  • Rituel de fermeture 

Rituel d’ouverture

Chaque atelier débute par un rituel d’ouverture qui permet d’installer une cohésion qui facilitera le travail ensemble. Le rituel d’ouverture offre un espace de transition qui aide à passer de l’espace du quotidien à l’espace de l’atelier, entre l’espace scolaire et l’espace ludique. Il existe plusieurs possibilités de rituels qui sont choisis en fonction de ce que l’intervenant considère adéquat. 

Période d’histoires

L’utilisation d’histoires, qu’il s’agisse de mythes, de contes, de légendes ou d’histoires de vie réelles, permet de fournir des symboles ainsi qu’une structure de base rassurante et sécurisante, tout en étant assez souple pour s’adapter aux besoins de l’enfant. Cela peut l’aider à établir une représentation de son expérience et de ses émotions. 

La période d’histoires peut se dérouler de trois façons:

  1. Des histoires sont racontées de façon interactive et en coconstruction (les jeunes proposent des éléments pour le récit et font des sons et des gestes). Aucun support visuel n’est offert afin d’encourager le développement de l’imaginaire chez les jeunes. 
  2. Les jeunes peuvent raconter des histoires personnelles liées au voyage, en petits groupes, ou encore visualiser le voyage d’un personnage de leur choix et ses diverses étapes. Afin d’alimenter ce processus, les intervenants animent une activité de visualisation qui stimule également leur imagination. 
  3. Les jeunes racontent des histoires de leur famille et/ou de leur culture d’origine. Ce volet renforce le dialogue entre les enfants et leurs parents et aide à faire le pont entre la maison et l’école en introduisant symboliquement la famille dans la classe. 

Période de dessin libre

Les jeunes sont invités à dessiner librement (en lien ou non avec les histoires) en petits groupes, pendant que l’intervenant se déplace de l’un à l’autre et leur pose des questions ouvertes. Il s’agit d’accéder au monde intérieur du jeune avec délicatesse, tout en respectant ce qu’il veut bien partager.

Rituel de fermeture

Le rituel de fermeture aide à refermer l’espace de partage. Il est important, durant ces quelques minutes d’offrir aux jeunes la possibilité de dire ce qu’ils ont vécu durant l’atelier. Souvent un mot ou une phrase suffit. Par la suite, le rituel d’ouverture peut être repris en guise de fermeture.

 

Variations

Depuis leur mise sur pied, les programmes d’expression créatrice se sont transformés afin de s’adapter aux besoins des différentes clientèles auxquelles ils s’adressaient. 

Les communautés autochtones

Le programme Art et Contes a inspiré le programme scolaire Witcihiwewin Atisokan (des histoires qui apaisent et supportent) mis en place dans la communauté Atikamekw de Wemotaci depuis 2006. Les ateliers utilisent les contes traditionnels autochtones et se déroulent en langue Atikamekw. Dans ce projet en communauté autochtone éloignée et bâti sur les principes de la recherche participative, l’appropriation du programme par la communauté a signifié que les enseignants autochtones eux-mêmes menaient les ateliers, secondés par des conteurs de la communauté et soutenus par un groupe-conseil formés de professionnels de la santé mentale, de l’art-thérapie et de l’anthropologie. L’expérience a été très positive. Le programme inclut aussi un volet de philosophie pour enfants et comprend l’implication d’aînés de la communauté agissant comme filet de sécurité en cas de besoin émotionnel particulier pour un enfant.

Les enfants du Bas-Saint-Laurent

Le programme Art et contes a été élaboré à la base pour les enfants immigrants et réfugiés de la grande région de Montréal. Or, les enfants de milieux défavorisés, qu’ils soient urbains ou ruraux, peuvent faire face à des niveaux d’adversité élevés, même si celle-ci prend des formes différentes. Certains enfants de milieux défavorisés sont ralentis dans leur cheminement scolaire à cause du décalage entre le système de valeurs de leur famille et celui de l’école. Une intervention favorisant l’expression créatrice peut avoir des effets positifs sur ces enfants parce qu’elle fait le pont entre la culture de l’école et celle de la maison et qu’elle introduit une stimulation cognitive, langagière et émotionnelle soutenue par la présence d’un adulte significatif. 

En 2009, le CEGEP de Rimouski et Erit ont conjointement élaboré une formation (AEC Techniques d’animation d’ateliers par l’expression créatrice auprès d’enfants de 4 à 12 ans) à l’intention des professionnels œuvrant dans le domaine de l’enfance. Celle-ci vise à les rendre aptes à mettre en place des espaces sécuritaires où les enfants s’expriment en toute créativité. Une première cohorte a été formée en 2010-2011.

L’Organisation des jeunes de Parc-Extension (P.E.Y.O.)

L’Équipe de recherche et d’intervention transculturelles (Erit) travaille en partenariat avec l’équipe du projet Art et Contes œuvrant au sein de l’Organisation des jeunes de Parc-Extension (P.E.Y.O.). Au fil des ans, l’organisme communautaire s’est approprié le projet, l’a développé et adapté à la réalité des jeunes de 6 à 12 ans vivant dans le quartier Parc-Extension.

Evaluation

Une analyse qualitative des effets des ateliers au primaire a montré que l’utilisation des mythes favorisait la construction du sens pour les enfants ayant vécu des traumatismes et des expériences de déracinement dus à l’immigration en leur permettant de construire leurs propres stratégies adaptatives (Rousseau & Heusch, 2000). Les données montraient également qu’ils avaient un effet sur la reconstruction de liens sociaux (Rousseau, Bagilishya, Heusch, & Lacroix, 1999) en facilitant la construction de ponts entre les univers de la maison et de l’école, les mondes intérieurs et extérieurs ainsi qu’entre le vécu passé et présent (Rousseau, Lacroix, Bagilishya, & Heusch, 2003).

Une évaluation quantitative du programme (devis quasi expérimental) (Rousseau, Drapeau, Lacroix, Bagilishya, & Heusch, 2005) (mettre en hyperlien vers l’article du même nom) a révélé qu’à la suite de leur participation au programme Art et contes, les enfants présentaient une diminution significative de leurs symptômes intériorisés et extériorisés et une hausse significative de l’estime de soi, particulièrement chez les garçons.

Outils

Manuel

Vidéo

  • Un DVD présentant l’approche Art et contes ainsi que le déroulement des activités auprès des enfants et des jeunes est disponible sur demande. Communiquez avec l’équipe d’expression créatrice pour commander un exemplaire.

Publications

Propositions de contes

  • Caron, F. (2005). «Les couleurs de ma mère». Éditions Hurtubise HMH ltée. La petite Flavie raconte sa mère en couleur, dans toutes ses émotions et jusqu’au jour où la mort la sépare de sa maman. 

  • Espinassous, L. (1998). Lézard et le maïs. «Mille ans de contes sur les sentiers.» Éditions Milan, Toulouse. Grâce au courage et à la persévérance de Shabon le lézard, les champs de maïs existent encore aujourd’hui. 

  • Espinassous, L. (1998). Les fourmis. «Mille ans de contes sur les sentiers.» Éditions Milan, Toulouse. Au pays des Indiens Lacandons, des tensions se créent et des pistes de solution apparaissent entre les fourmis et les paysans. 

  • Espinassous, L. (1998). Le feu. «Mille ans de contes sur les sentiers.» Éditions Milan, Toulouse. Un jeune Mohawk traverse un rite de passage pour devenir un homme. Par son courage il apporte le feu et tous ses bienfaits dans sa tribu. 

  • Galouchko, A. (1995). «Shõ et les dragons d’eau». Annick Press Ltd. Toronto. Bien qu’étant une enfant, Sho réussit à sauver le village de la famine et de la peur des cauchemars. 

  • London, J., Long, S. (1993). «La légende du feu». Hachette / Gautier-Languereau, France. Le peuple des animaux vivait tristement sans le feu jusqu’à ce qu’un jour le Vieux Coyote leur proposa un plan pour l’atteindre. 

  • Pearson,M.,Moss,J. (1997). Le roi aux pieds sales. «Contes autour du monde». Librairie Grand, Paris. pp.64-68. Une petite fille suggère à un roi de l’Inde de se laver. Il aime tant ce confort qu’une famine risque de s’installer au pays. La jeune fille trouve une solution et ainsi invente les souliers. 

  • Richard, F.,Buguet, A. (1995) Le jeune homme d’or et le dragon. «Contes d’hier et d’aujourd’hui». Édit. Albin Michel Jeunesse, Paris. La curiosité amène un jeune homme à être recouvert d’or. Après de multiples péripéties il trouve l’amour et sa famille. 

  • Tondreau-Levert, L. Rémillard-Bélanger, J. (2005). «L’ombrelle». Éditions du soleil de minuit. Saint-Damien-de- Brandon. Au Vietnam, Nhân et Bé Tam entreprennent un long voyage pour retrouver leur oncle. Une ombrelle trouvée devient le guide et le symbole du refuge et de la sécurité. 

  • Lakshman, R. (1999) Union is strength. «Night-time stories from the Panchatantra». Aurora Book Company, India. Des pigeons en recherche de nourriture apprennent qu’en s’unissant ils trouveront une solution à leur problème. 

  • Wisniewski, D. (1992). «Joueur de pluie». L’école des loisirs, Paris. Au pays des Mayas, Pik, un jeune garçon lance un défi au dieu Chac en jouant au pok-a-tok, il gagne et la pluie revient sur le village.

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